Assane Timbo

Cet été j’ai eu la grande joie et l’insigne honneur de participer au Festival Avignon If. 

Depuis quelques années je fais un métier passionnant qui me gâte, prend soin de moi, m’inspire tout autant qu’il me nourrit intellectuellement et émotionnellement. 

Et de temps en temps, un cadeau vous arrive. C’est ce qu’a été pour moi le Festival Avignon If. 

Séverine Magois, traductrice et dramaturge avec laquelle je travaille à « Dernier Rivage » de Daniel Keene, le prochain projet de la compagnie, m’a parlé de ces Avignonnais, passionnés de théâtre qui se sont mis en tête de faire découvrir des propositions théâtrales en devenir, avec le concours de toute une ville et ses jardins. 

J’ai découvert un autre Avignon, des personnes généreuses et surprenantes. Toutes portées par un même élan; l’amour du théâtre. 

J’ai trouvé au « if » la conjonction de tout ce que je recherche au plateau: l’autre, la bienveillance, l’urgence d’une parole poétique, la magie de la nature et un projet commun, ce qui fait défaut à notre société et l’entraîne irrémédiablement vers sa partition. 

J’ai trouvé au If tout ce dont j’ai rêvé adolescent et qui malheureusement, est trop souvent empêché par l’économie de nos métiers, l’immanquable course à l’échalote à laquelle se livrent les uns et les autres pour exister, les chapelles ...

J’ai eu l’impression d’un rêve éveillé pendant lequel questionner mon art. La possibilité de faire théâtre de quelque chose. De retrouver le sens de mon engagement initial au plateau. 

Merci à toute l’équipe du If de m’avoir offert ce moment suspendu. 

Assane Timbo


Laurent Montel

LE IF

ou C'est un jardin qu'il faut au théâtre

 

13 juillet 2018 : au pied des arbres, assis – je regarde les gens s'installer – je les regarde tous, je les scrute – ils me rendent mon regard ou l'évitent, j'insiste ou je n'insiste pas – je reconnais et je fais connaissance – ça commence.

Ici, je ne me vends pas et personne ne m'achète. Je ne suis pas entré ici esclave de la recette du soir qui sauverait mon été, épuisé par la chaleur et l'interminable distribution des tracts. Je n'en repartirai pas ruiné et dégoûté du genre humain. 

Ici, je me donne et l'on me donne. Ici, mon exigence, ma foi dans le théâtre, le goût de mes rêves, mon travail acharné d'auteur et d'acteur sont accueillis par la bienveillance, la chaleur humaine, et, parfois, l'enthousiasme.

Ici, j'ai beaucoup investi, et l'on me paie au centuple. Car, au vrai, mon expérience dans le IF est inestimable. Elle n'a, a proprement parler, pas de prix.

Il n'y a pas de gratuité qui tienne, et je n'ai pas joué pour rien – mais, dans ce monde où l'argent commande, il existe un havre où l'art, l'exigence et le plaisir règnent en maîtres.

13 juillet 2018 : David Bowie chante, et Cendre à la cendre commence.

C'est un jardin qu'il faut au Théâtre.  

Laurent Montel


Patrick Massiah

Enfin une troupe !

 

Je ne me suis jamais senti aussi proche de Jean Vilar que durant la semaine que j'ai passée à Avignon pour le Festival IF 2018.

Jean Vilar c’est mes rêves d'adolescences et de jeune acteur. Des rêves de troupe.

C’est l’idée que je me faisais du théâtre à 17 ans. N'avoir à s'occuper que de son texte, son texte son texte.

N'avoir à se préoccuper que de la représentation du soir. N'avoir qu'un souci, servir l'auteur et rendre heureux le spectateur.

J'ai souvent « fait Avignon » comme on dit. Seul sur scène, mais seul dans les rues, seul à tracter pour glaner des spectateurs.

Tracter jusqu'à une demi-heure avant le spectacle, au détriment de la concentration, qui se bricolait sur Scène dans le premier quart d'heure au détriment su spectacle lui-même.

La chose heureuse c'est que j'ai ainsi appris à connaitre, à reconnaître à repérer « mon public ». Le public susceptible d'aimer mes textes.

Cette année en me promenant dans les rues pendant le festival, je ne reconnaissais pas mon public et je me demandais, si j’avais du tracter vers qui je serais allé.

Grâce au Festival If, j'ai enfin vécu mes rêves d'adolescence J'ai passé mes journées à ne penser qu'à mon texte. À répéter. J'ai pris le temps d'arriver sur le lieu de la représentation 1h 30 avant. J’ai eu le temps de chauffer ma voix. Détendu, sachant que c’était COMPLET -le plus beau mot au théâtre-.

Tout ce temps qui est du luxe.

J’ai eu un cadeau magnifique de Serge Valetti qui a accepté que je joue son texte.

Grâce au Festival If et à son équipe, j’ai eu enfin le sentiment d’appartenir à une troupe.

Et je compte bien ne pas la quitter d’une manière ou d’une autre.

Patrick Massiah


Camille Feist

If I could express my emotion After IF... 

J'ai chanté sous les plantes tropicales les pieds dans l'herbe, au coeur du palmier d'Avignon.

J'ai brisé mes chênes.

Avec Perre à la guitare, cyprès de moi

Je n'étais pas saule en scène. Entourée d' hêtres si généreux qui ont fait un sacré bouleau ! J'étais grâce à eux zen comme Baobab Marley . Sans plus chercher séquoia le but de ma vie, j'ai vécu 3 jours mémÉrables. J'en perds mon sapin aujourd'hui!

Merci tant et tant encore.

Camille Feist, Avignon, au lendemain de son passage au IF dans le train du retour vers Paris.