19 juillet 2020 SOIRÉE EXCEPTIONNELLE

CORALIE RUSSIER

Ce soir je ne jouerai pas Antigone

Auteur et mise en scène ROGER LOMBARDOT

 

Texte et mise en scène : Roger Lombardot

Jeu : Coralie Russier

Scénographie et lumière : Nathalie Leroy

Production Théâtre d’Aujourd’hui avec le soutien du Département de l’Ardèche

Coproduction : Institut français de Casablanca.

 

Ce soir je ne jouerai pas Antigone... Ce sont les premiers mots que la comédienne adresse au public, l’invitant respectueusement à quitter la salle. Ce soir, elle ne peut tenir son rôle, elle n’en a pas la force. Elle vient d’être frappée par une tragédie : son frère s’est noyé en portant secours à des migrants échoués sur les côtes de l’île grecque de Lesbos. Son corps n’a pas été retrouvé. Elle évoque Polynice, le frère d’Antigone. De même que le personnage de Sophocle, son frère à elle n’aura pas de sépulture. Insensiblement, elle se met à raconter l’histoire du défunt : sa fiancée tuée lors d’un attentat, l’abandon de ses études pour se mettre au service des plus fragiles... les témoignages qu’il a recueillis à propos des violences faites aux femmes, aux enfants, dans les zones de conflits et ailleurs... son indignation face à l’indifférence, au rejet de l’autre... sa révolte à l’égard de nombreux responsables qu’il accuse de lâcheté. Et puis, à la suite, elle nous délivre sa propre parole. Une parole de femme... libre, forte, déterminée... Elle ne joue pas Antigone, elle est Antigone.

 

 

 

« Comment être un auteur tragique aujourd’hui? En nos temps de tragédies renouvelées et multipliées, cela pourrait sembler évident. Mais, nous le savons depuis Eschyle, écrire des tragédies, ce n’est ni reproduire le malheur, ni jouer sur la

corde sensible du spectateur. C’est trouver le langage qui parle à la fois au nom de la communauté des hommes

et au nom d’une seule personne, l’auteur. Le cri doit être unique et universel. En cela, Roger Lombardot est un écrivain singulier qui a trouvé son chemin personnel en lequel chacun se retrouve.

L’amateur de théâtre peut établir une comparaison entre Roger Lombardot et Edward Bond, l’auteur anglais de Pièces de guerre. Mais alors que chez Bond il n’y a plus d’espoir, chez Lombardot l’amour éclate, l’espoir est opiniâtre. Son œuvre noire est illuminée par la croyance en l’humanité et la conviction que toute crise peut être dénouée. Avec ses monologues qui mêlent sans effort des notations de la vie quotidienne, la narration au style soutenu et des échappées de penseur s’autorisant le droit de parler au monde, il est en même temps le quidam et la pythie, la victime et le prophète, l’étonné et l’inspiré, l’orage et l’arc-en-ciel, l’orage de notre planète folle et l’arc-en-ciel d’une écriture qui a les dégradés de la peinture et de la musique. »

Gilles Costaz

Roger Lombardot réside en Ardèche. Il a écrit 40 pièces de théâtre, dont la plupart ont été créées, par lui-même et par de nombreux metteurs en scène, en France et à l’étranger. Par ailleurs, il a réalisé un nombre important de spectacles dans la nature : sentiers, lacs et rivières, vignobles, grottes, forêt au Canada, plateau dans les Carpates, volcan en Islande, lagon en Polynésie, concert sur le Mont-Blanc réunissant cent musiciens et choristes... (voir site et Wikipédia)

 

 

 Olivier Pelisson, journaliste et critique de cinéma, membre du comité de sélection pour la Semaine de la critique au festival de Cannes, écrit à propos de Coralie Russier :

« Un visage. Etrange. Magnétisant. Une présence. Brute. Insolente. Coralie Russier règne sur le monde du court-métrage du moment avec sa chevelure blonde, ensoleillée ou peroxydée. Quelque part entre Béatrice Dalle et Lena Dunham de la série télévisée Girls. Partout où elle passe, elle dynamite l’action, embrase l’écran par une douce agressivité... »

 

Coralie Russier a reçu 4 prix d’interprétation féminine pour ses rôles dans des courts-métrages. Elle a tourné dans 5 longs-métrages dont 120 battements par minute, de Robin Campillo, Grand Prix du Festival de Cannes 2017.

Elle a débuté au théâtre avec Roger Lombardot, à l’âge de 16 ans, dans la pièce Sarah, créée en Ardèche et au théâtre du Gymnase, à Paris, puis jouée en France et à l’étranger près de 250 fois. Elle a poursuivi sa formation théâtrale à l’Ecole Supérieure des comédiens du Studio d’Asnières, dont elle est diplômée.

 

 

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