25, 26 et 27 juillet

Pourquoi j'ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port

de Serge VALLETTI

par PATRICK MASSIAH

Patrick Massiah est acteur et metteur en scène et formateur. Il est Maître patricien PNL et hypnothérapeute. Il évolue dans le monde du travail depuis l’âge de 14 ans. Il étudie le théâtre avec son maître Julien  Bertheau sociétaire de la Comédie Française. Il en héritera le plaisir d’animer des équipes et d’entreprendre. Il travaille ensuite à New York au Hunter College, la Méthode de l’Actor’s Studio. Il approfondit ce travail en France à l’American Center.

Il participe régulièrement aux stages d'Hélène Zidi au Laboratoire de l'acteur.

Depuis plus de 20 ans, il enseigne l’art dramatique auprès d’acteurs, notamment à l’Agence Culturelle d’Alsace, mais aussi de toutes sortes de public. C’est cet « éclectisme » qu’il cultivera et qui lui permettra de développer ses séminaires en entreprise.

Au théâtre il dirige La compagnie Le Tapis Volant° depuis 1990.

En tant que formateur il intervient à Centrale Paris, Science Po Formation Continue, notamment à Executive Trajectoire Manager Dirigeant, mais aussi chez Deloitte, Agirc Arrco, Humanis, Novalis, il intervient aussi à l’Institut Montaigne dans le cadre de Promotion des talents. Il anime des séminaires pour les Chambres de Commerce (Lyon, Avignon) …ou dans diverses entreprises (Bayer, FNSEA, Réunica, Méta 4, Ministère de la Justice, Icart…)

En 2014, il a été en charge du Média training pour le web Cast de Réunica et de l’accompagnement de la direction générale, ainsi que de la direction de la communication.

Il intervient à l’Education Nationale sur la thématique de l’Estime de soi. Ses formations de Maître Praticien PNL et d’hypnothérapeute lui permettent de pouvoir faire travailler en groupe en ou en one to one.


Note d'intention par Patrick Massiah

  

"Quand mon souvenir viendra dans vos paroles, faites-lui bon accueil." 

Louis Brauquier 

 

 

Ce récit raconte Marseille. Mais aussi le Sud. Tous les Suds. Et puis il parle de la famille. De la famiglia. De l’enfance. De la guerre. De la cuisine. Du perroquet. (Qui soit dit en passant est un apéritif typiquement Marseillais). 

 

Du vieux port. De Rome. Du Pape…et aussi de la Madrague, mais celle de Montredon pas de Bardot. De Restaurants, Et de persil ! On n’imagine pas combien le persil a eu une influence sur la vie de Serge Valetti ! 

Dans une scénographie rêvée j’installerais l’acteur dans une barque échouée dans un champs de persil. Dans le langage des fleurs le persil représente les festivités ! 

Lire, jouer une pièce de Valetti c’est se mettre en état de réjouissances ! Pour les acteurs et pour les spectateurs. 

 

Serge Valetti est un être pudique. Il fait partie de ces auteurs qui racontent beaucoup. Mais ne disent pas tout. Derrière la première évidence, la première vision, il y a souvent l’autre histoire. 

Raconter sa grand-mère c’est raconter d’où on vient. Et cela peut vite sentir la naphtaline et le mélo. Pas chez Valetti. Car sa grand-mère il la jette dans le vieux port ! Cela pourrait être aussi le titre d’un roman de série noire digne de San Antonio…Série Noire que l’on retrouve dans le récit… 

Le climat est installé par l’auteur, oui on va brasser des souvenirs mais ne comptez pas sur moi pour faire pleurer. 

 

Je me suis toujours considéré juste comme un acteur qui… 

Qui monte des pièces, les choisit, adapte des romans, un acteur qui fait le metteur en scène…c’est toujours l’acteur en moi qui agit. Qui prend des décisions dictées uniquement par l’émotion et les coups de foudres littéraires. Coups de foudre ou identification immédiate devant des personnages. 

Mon coeur se met à battre un peu plus vite et ainsi naît l’énergie d’entreprendre une « aventure théâtrale ». 

C’était sans compter sur l’inconscient et sa surpuissance. Il a fallu le travail analytique et le recul de deux décennies pour me mettre devant l’évidence. 

 

Tous mes projets de théâtre, toutes mes sensations fortes de lectures et même de cinéphile ont un socle commun : La mémoire, la famille et la solitude. 

 

C’est ce noyau dur et pur d’obsession qui a guidé mes pas consciemment ou pas selon les moments de la vie. 

Monsieur Butterfly, de Howard Buten, clown triste adoptant 4 enfants handicapés pour fonder une famille… 

L’enfant-adulte de Jean Claude Grumberg dans Maman Revient qui dans la solitude du bloc opératoire, revoit sa mère et son père pour tenter en vain de les réunir… 

 

Le petit Perec de W qui invente un roman policier pour reconstituer un puzzle disparu dans les cendres de l’Histoire avec sa grande hache... 

 

Laetitia qui dans je Parle se bat dans son coma de Lock in Syndrom, pour retrouver une famille unie et forte qui le l’a jamais quittée… 

 

Où est le lien avec ce récit rocambolesque de Valetti ? 

C’est l’histoire de plusieurs solitudes, Cette grand-mère qui se débat toute seule pour élever son enfant…et plus tard « l’enfant de cet enfant », Sergio, qui dans la solitude de la nuit fantasme sur une famiglia nombreuse restée en Italie…et part en expédition ! 

 

C’est l’histoire de l’éclatement des familles d’immigrés…les italiens aussi ont été maltraités, parquées dans des camps… 

C’est l’histoire de la remontée vers une mémoire…on verra plus loin qu’une calade est une rue en pente mais dans l’autre sens…. 

 

Où un autre auteur nous plongerait dans une mièvrerie dégoulinante, la pudeur de Valetti le fait avancer masqué (Comme Perec). Et ce sera par l’humour, la vie, la fête et les histoires invraisemblables car réelles que Valetti se racontera un peu. Se dévoilera si peu. 

 

Les calades sont à l’origine des rues en pente pavées de pierre du Rhône et de la Durance. On pense à Izzo pour les Calades dans Marseille. 

 

« Je te cale » quand j’étais minot, voulait dire je te descends sur la selle de mon vélo. -Pour monter débrouille-toi ! – 

Valetti nous cale sur son vélo de cirque, pour nous caler au travers de ses rues et des méandres de la mémoire...mais grâce à lui nous remontons vers 

 

Toutes les puissances du globe chères à Louis Brauquier... 

 

Toutes les puissances du globe 

Sont là, dans la ville maritime 

Où débarquent, brûlent et passent 

Les races multipliées. 

 

Patrick Massiah 

Serge Valletti

Serge Valletti

 

Serge Valletti est un comédien et auteur de théâtre français né en 1951 à Marseille. 6 

Il écrit sa première pièce en 1969, Les Brosses, et entame ainsi une carrière riche de plus de 30 oeuvres. 

Ses travaux récents s'articulent autour d'une traduction/adaptation de l'oeuvre complète d'Aristophane, Toutaristophane. 

 

• OEuvres o Les Brosses, 1969, 

o Saint-Elvis, suivi de Carton plein, 1990, 

o Six solos, 1992, 

o Papa, folie en cinq actes, 1992, 

o Domaine ventre, 1992, 

o Pourquoi j'ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, 1995, 

o Le jour se lève, Léopold ! Suivi de Souvenirs assassins, L'Atalante, coll. « Bibliothèque de la chamaille », 1998, 

o Si vous êtes des hommes ! L'Atalante, coll. « Bibliothèque de la chamaille », 1998, 

o Réception, 2000, 

o Garrincha, 2001, 

o Un coeur attaché sous la lune, suivi de Poeub, L'Atalante, coll. « Bibliothèque de la chamaille », 2002, 

o Le Nègre de sang, 2004, 

o Jésus de Marseille, 2007, 

o Conseil municipal, 2007. 

 

Toutaristophane : 

o Cauchemar d'homme, suivi de L'Argent, 2012, 

o Reviennent les lucioles !, suivi de La Stratégie d'Alice, 2012, 

o Las Piaffas, suivi de Fameux carnaval, 2013, 

o À la paix, suivi de Affaire guêpes, 2013, 

o Idées fumantes, suivi de Les Marseillais, 2014, 

o Toutaristophane - Histoire d'une traduction, 2017. 

 

Filmographie

o 1979 : Subversion de Stanislav Stanojevic 

o 1979 : Les Égouts du paradis de José Giovanni 

o 1981 : L'Ombre rouge de Jean-Louis Comolli 

o 1982 : Mamma de Suzanne Osten 

o 1983 : Balles perdues de Jean-Louis Comolli 

o 1984 : L'Agenda, téléfilm de Geneviève Bastid 

o 2014 : Au fil d'Ariane de Robert Guédiguian 

o 2017 : La Villa de Robert Guédiguian